Cosmétiques

Comment râter sa communication sur les blogs en 5 points ?

Après être revenue sur la notion d’embargo, je vais maintenant vous parler des opérations blogueurs. Que vous soyez lectrice ou blogueuse, vous avez probablement déjà vu passer des histoires assez incroyables sur la façon dont certaines marques pouvaient procéder : menaces / insultes pour une critique, changements de discours, propositions absurdes… Mais alors, comment communiquer avec les blogueurs ? Telle est la question !

 

A l’heure ou on trouve DES TONNES d’articles sur le web pour apprendre à bien communiquer avec les blogueurs, on peut se demander : mais comment est-ce possible ? Comment ce genre d’erreurs peuvent-elles encore se produire ? Toujours dans l’esprit de vous aider à mieux comprendre (et pas dans celui de jeter la pierre à quelqu’un), voici 5 raisons qui peuvent faire qu’une marque rate sa communication sur les blogs. 

Une méconnaissance de la blogosphère

Malheureusement, il existe encore beaucoup d’incompréhensions sur la façon dont un blog fonctionne. Pour certaines marques, par exemple, le blogueur est une personne qui diffusera automatiquement toutes les informations qu’on va lui envoyer. Pour d’autres, le blogueur est un vendu qu’il faut absolument payer parce qu’il ne diffuse aucun contenu gratuitement.

Forcément, en se basant sur des suppositions fausses, la marque peut se montrer maladroite dans la façon dont elle va communiquer : être insistant envers le blogueur sur la publication d’une information (sans même se soucier de SI le blogueur a envie d’en parler), dépenser des sommes énormes dans une opération qui se révélera décevante (parce que la marque aura cru qu’il suffisait de payer pour déclencher le « buzz »)… Bref, que ce soit dans le trop ou le pas assez, avoir des difficultés à gérer sa communication. 

Une méconnaissance des blogueurs

A côté, il y a certaines marques qui ne sont pas seulement maladroites mais aussi, il  faut bien le dire, désagréables. Souvent, cela concerne plus des petites entreprises que de grandes marques qui estiment qu’à partir du moment ou on « paye » (en envoi de produits par exemple), le blogueur se doit de dire du bien du produit ou encore que le blogueur devrait se sentir honoré d’être contacté et faire tout pour satisfaire la marque. 

C’est comme ça qu’un blogueur peut limite se retrouver à se faire insulter pour avoir osé dire du mal du produit ou qu’on le contacte en lui demandant de respecter des tonnes de contraintes pour pas grand chose… Bien évidemment, la marque qui fonctionne comme ça ne tarde pas à se faire rembarrer et le pire c’est qu’elle ne comprend pas toujours pourquoi. 

Un community manager pas qualifié

Ah… je suis sure que vous attendiez qu’on en parle 😉 Dans le cadre des relations avec les blogs, le community manager est souvent celui qui va monter une opération, contacter les blogs et assurer le suivi et les retours. Déjà, on va écarter une idée pré-conçue : c’est pas parce qu’une blogueuse a beaucoup de commentaires et de visites qu’elle fera un bon community manager. Certes, ça peut faire une bonne base et parfois, ça peut suffire… mais il y a aussi la nécessité d’avoir un regard professionnel basé sur des compétences dans la communication qui ne s’apprennent pas en « tenant » un blog.

Maintenant, autant vous le dire tout de suite, on trouve un peu tout le monde et n’importe qui à ce poste : aussi bien des personnes dont c’est le métier de base que le producteur de légumes qui s’improvise communicant pour faire connaitre sa marque. Comme certaines d’entre vous le savent, j’ai pu être des deux côtés (blogueuse et community manager) et on m’a déjà dit « Je ne sais absolument pas comment tout ça fonctionne, n’hésitez-pas si vous avez des conseils » (pour le côté blogueuse) ou encore « Je me lance la-dedans, je sais pas comment faire, explique moi » (coté community manager). Forcément, quand on ne sait pas faire, on risque de faire des erreurs en apprenant… et ces erreurs peuvent coûter cher à la marque. 

Un community manager limité, par le budget, par la marque

C’est souvent la situation la plus frustrante pour un community manager : quand tu travailles pour une bonne marque mais que celle-ci veut tout faire en payant peu. Le community manager se retrouve donc à communiquer avec les blogueurs en sachant que ce qu’il propose n’est pas suffisant. 

Non seulement, le CM ne peut pas bien faire son boulot mais, en plus, blogueuses comme lectrices ne savent rien de ce qui se passe dans les coulisses. Tout ce qu’on peut voir, c’est le résultat de tout ça : des concours pour faire gagner des lots pas intéressants, des opérations originales dans lesquels on demande trop à la blogueuse pour pas grand chose en retour… Bref, à ne vouloir rien dépenser, on ne gagne rien mais on perd aussi beaucoup en image pour la marque.

Un public qui n’accroche pas au produit / à la marque

Certaines marques ont des retours très faibles, tout simplement parce que le public visé n’accroche pas même s’il correspond à la thématique. Ou encore parce que le public visé n’est pas assez présent sur la blogosphère.

Le bon exemple qu’on connait tous, c’est celui de l’hygiène féminine. Je crois que si j’étais community manager pour une grande marque de produits d’hygiène féminine, je m’arracherais les cheveux lol ! Parce qu’au final, malgré diverses opérations, ça ne passe pas ou peu. Pire, même quand la marque fait l’effort de proposer un concept sympa, il y a toujours une majorité pour se dire « beurk, gardez votre intimité pour vous » 🙂 

Que conclure de tout ça ? 

Déjà, qu’il y a beaucoup de raisons qui peuvent faire foirer les choses, d’ailleurs, je ne vous en ai donné que 5 mais il en existe beaucoup d’autres. Parfois, c’est la faute de la marque, d’autres fois du produit… Tout n’est pas toujours tout noir en mode « c’est la marque qui prend les blogueuses pour des cruches » ou encore « le community manager est un incapable » 😉

Est-ce que ça pourrait être évité ? En majorité, oui, je pense, s’il n’y avait que des personnes « compétentes » qui s’occupaient de ça. Mais beaucoup de marques n’ont pas envie/pas les moyens d’embaucher des gens sans savoir si ça peut nous rapporter alors on préfère ajouter ça au poste de quelqu’un déjà en place.

En tout cas, une chose est sure, c’est que c’est pas demain la veille qu’on arrêtera d’entendre parler de « perles » de ce genre 🙂 Et vous, vous voyez d’autres raisons ?

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13 Comments

  • Reply Métauxlourds octobre 14, 2012 at 6:47

    Je me souviens d’un CM qui m’avait écrit pour me demander, en substance « OUIN ya -insère le nom d’une blogueuse connue- qui me répond pas, pourquoi elle me répond pas, di tu crois qu’elle vas me répondre? »

    Je….comment dire…je-ne-sais-pas-ca-ne-me-regarde-pas!

    (apparemment, c’était d’ailleurs un mail groupé)

    BREF, je voulais aussi te dire que je les trouve vraiment super interessants ces articles!

    • Reply Malicia octobre 14, 2012 at 6:55

      Merci 🙂

      Pour ce qui est de ton CM, je trouve ça particulièrement maladroit une telle question en mail groupé. En mail privé, soit, je suis moi-même proche de certains CMs, mais en groupé, ça fait un peu « immature » quoi -_-‘

  • Reply Sasha octobre 14, 2012 at 9:23

    Y’a les marques qui veulent qu’on parle d’elle en nous envoyant des petits sachets d’échantillons. Maladroit et inutile.

  • Reply Etincelle octobre 14, 2012 at 9:45

    J’ai l’occasion de communiquer avec des CM de deux genres diamétralement opposés :
    – la désagréable, qui prend 3 plombes à répondre à un mail de ma part, qui me liste 3 tonnes de modalités pour la mise en place de concours (et que j’ai fini par envoyer bouler)
    – la rigolote avec qui on blague et on se donne rdv à des évènements presse.

    Je fais mon petit bonhomme de chemin ! 🙂

  • Reply chachahihi octobre 14, 2012 at 10:44

    Je suis tout à fait d’accord avec ton article ma belle
    j’ai vraiment pris plaisir a le lire
    tu as fait un super texte, j’ai eu des problémes avec des marques car il fallait que j’en dise absolument du bien du coup j’a refusé le partenariat
    gros bisous ma belle

  • Reply Camille et ses filleries octobre 15, 2012 at 8:57

    Bon, tu te doutes, tout ce que tu racontes là m’est malheureusement familier… (et hélas, le community manager pris entre les blogueurs et ses clients joue souvent le rôle de tête de turc)
    Surtout que j’ai eu la « joie » de travailler pour des produits intimes. Enfin il y en a qui arrivent à communiquer de façon décalée et marrante sur le sujet, dans ces cas ça « passe » plutôt bien… (sans mauvais jeu de mot, héhé)
    À condition que la marque soit en accord avec une communication fun. Pas toujours gagné. Et encore, il y a pire : imagine quand c’est un MEC qui bosse sur ce genre de produits. C’est arrivé à un pote à moi, ses anecdotes m’ont faite mourir de rire ^^

  • Reply l'heure d'été octobre 15, 2012 at 12:32

    Un billet très intéressant et bien rédigé ! Je ne suis pas CM, mais ce que tu racontes ne m’étonnes pas tant que cela. Pas facile de jouer ce rôle, j’imagine. Tant qu’aux relations avec les marques parfois houleuses, cela me fait bien sourire. Il y a parfois une vraie méconnaissance de la personne à laquelle certains s’adressent.
    Belle journée, Nathalie

  • Reply Caro octobre 15, 2012 at 2:17

    Très interessant ! Je suis des etudes dans le web, j’ai donc un peu l’occasion de voir ce qui constitue le metier de CM, donc merci pour ces petites precisions ! 😀

    • Reply Malicia octobre 15, 2012 at 5:45

      De rien 🙂

  • Reply Cynthia octobre 15, 2012 at 3:55

    Je pense que ce qu’il y a de plus énervant c’est quand on nous prend pour des journalistes en oubliant que nous on blogue surtout pour le plaisir et du coup l’information pure n’est pas notre priorité! Donc non aux communiqués de presse ou aux conférences de presse lambdas.

    Et surtout non aux propositions d’articles déjà rédigés pour un bidule absolument inintéressant!

    Mais bon j’ai de la chance en blogueuse non-influente que je suis je ne suis pas trop sollicitée et les CM que j’ai rencontré jusqu’à maintenant étaient sympathiques!

  • Reply Pensées d'une Shoesaholic octobre 15, 2012 at 4:44

    Comme je suis d’accord… 🙂 Après c’est vrai que mon blog est encore bébé et que je prendrais ça probablement comme un honneur d’être contactée quelqu’en soit la raison, mais ça m’horripile les gens qui contactent sans avoir lu le blog (c’est arrivé à certaines de mes amies blogueuses). Du genre, ils se trompent dans le prénom de la blogueuse (ça craint quand même) et la contactent à propos d’un sujet qui a aucun rapport (genre les vibromasseurs quand la personne blogue sur la mode, par exemple).

  • Reply Elodie (La P'tite Bulle d'Elo) octobre 15, 2012 at 7:19

    Très chouette billet, plein de bon sens je trouve 🙂 merci et bonne soirée!

  • Reply Stéphane décembre 5, 2012 at 5:02

    Bonjour,

    Il est vrai qu’au départ de chaque blog, on cherche de quoi nourrir ses écrits afin de toucher le plus grand nombre, et cela quelque soit la contrepartie que l’on obtient. On se rends vite compte que c’est une passion qui prends énormément de temps et qui se gère comme une véritable société. Pour ma part, je suis donc touché quand une marque me contacte, mais c’est un petit moment d’euphorie qu’il faut savoir gérer. Il faut également qu’une relation gagnant-gagnant s’installe entre le blogueur et la marque. Contexte pas très évident, étant donné que les retombées sont rarement quantifiables. Après c’est au blogueur de savoir ce qu’il souhaite conserver, sa liberté d’expression ou son nouveau niveau de vie.

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