Et aussi..., Humeurs

Il va falloir beaucoup, beaucoup, beaucoup d’amour

Le soir même, les copines qui en parlent, les gens qui y sont, je ne réalise pas l’ampleur de ce qui se passe, je me dis juste, ça se passe. Parce que ça s’est déjà passé en janvier. Parce qu’on savait tous que ça nous attendait au tournant. Ça, justement, ce que beaucoup ont dénommé après « de tragiques événements », ça, c’est un attentat en France, et ça, c’était maintenant.

Peu à peu, les heures qui suivent, ma timeline se remplit de confirmations de « Facebook Security Check » des amis à Paris. De messages de « j’étais pas loin, mais je vais bien ». Et le lendemain, même un message de « J’y étais, mais je vais bien ». Et puis, c’est l’hécatombe qui commence samedi, les visages qui défilent, les noms, des copains qui ont perdu quelqu’un, et c’est là que je comprends. C’est un massacre.

Il va falloir beaucoup, beaucoup, beaucoup d'amour
Depuis, j’ai la larme à l’œil bien trop souvent, pour des inconnus disparus, des témoignages de proches, des visages devenus bien trop familiers en quelques jours. Je lis bien trop de choses qui en parlent. Et jusqu’à présent, je n’en avais pas parlé ici. Je n’ai même pas envoyé de messages de love à toutes les copines de Paris, même si j’ai pensé fort à elle.
Je pensais que je n’en avais pas besoin, pas après Charlie. Comme si c’était déjà à catégoriser dans les sujets récurrents. Mais en fait, j’ai besoin d’en parler. J’ai besoin de partager ça. J’ai besoin de dire que pendant trois jours, j’ai dormi avec les chats dans le canapé pour pas dormir toute seule. J’ai besoin de dire que ce week-end là, je maudissais mon statut de célibataire. Je le maudissais, lui, de ne pas être l’homme que je voulais qu’il soit dans ma vie, de ne plus pouvoir l’avoir dans ma vie.
robabée

« C’était ni toi, ni moi. Mais c’était nous quand même. »

Tout est dit dans ce dessin de Robabée. Et tout est dit dans cet article de Girls and Geeks.
Bref. Je sais que le deuil national est fini. Qu’on veut tous avancer, essayer d’oublier, non pas les victimes, mais la tristesse. Mais pour moi, le deuil ne fait que commencer. Le deuil d’une époque ou je ne scrutais pas une liste de personnes en pensant « quelle chance, je ne reconnais aucun nom parmi les victimes ».
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