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Tube de crème neutre, savon doux et serviette blanche pliée posés sur une étagère
Soin de la Peau

Crème pour tatouage : laquelle appliquer pendant la cicatrisation, et combien de temps

Par · 30 octobre 2026 · 6 min

Un tatouage tout juste terminé est une petite plaie au dessin soigné, et chacun a son avis sur ce qu’il faut y étaler : pommade grasse, baume de pharmacie, crème du salon ou rien du tout. Choisir une crème pour tatouage suppose d’abord de savoir comment le tatoueur a prévu la cicatrisation, car film protecteur, pansement transparent et cicatrisation sèche n’appellent pas les mêmes gestes. L’enjeu consiste à ne pas contredire le protocole de celui qui a fait le dessin.

En bref

  • Pendant la cicatrisation, qui dure entre deux et trois semaines selon le dermatologue Nicolas Kluger, on lave le tatouage à l’eau tiède et au savon, puis on applique un topique gras cicatrisant deux à trois fois par jour ; la crème aide surtout quand la peau se met à peler, vers la fin de la première semaine.
  • Aucune crème n’est à mettre si le tatoueur a choisi la cicatrisation sèche, et Dermato-info précise qu’il n’y a aucune indication à appliquer systématiquement un désinfectant ou une crème antibiotique.
  • La pommade Bepanthen 5 % est un médicament dont la notice vise l’irritation de la peau, notamment l’érythème fessier du nourrisson, et exclut les dermatoses infectées ou suintantes : son usage sur un tatouage se décide avec le tatoueur ou le pharmacien.
  • Un tatouage qui ne cicatrise pas, qui gonfle ou qui démange justifie l’avis d’un dermatologue.

Quelle crème mettre sur un tatouage qui cicatrise ?

Un topique gras qui aide la cicatrisation, appliqué deux à trois fois par jour après un lavage à l’eau tiède et au savon, voilà ce que recommande le dermatologue Nicolas Kluger, spécialiste du tatouage. Le terme désigne un corps gras (pommade ou baume) qui se dépose en couche sur la peau, par opposition à un lait fluide.

Le nettoyage reste le geste central. Une toilette à l’eau tiède et au savon, de Marseille par exemple, est conseillée deux à trois fois par jour : le savon est un excellent désinfectant, capable de prévenir une infection cutanée comme une folliculite bactérienne ou des furoncles. Il n’existe, ajoute-t-on côté dermatologie, aucune indication à appliquer systématiquement un désinfectant ou une crème antibiotique.

Chaque tatoueur a ses petites habitudes de soin, et son protocole prime sur tout conseil général : le tatoueur sait comment le dessin a été travaillé et ce qu’il a posé dessus en fin de séance. Les dermatologues demandent de respecter ses consignes à la lettre.

Faut-il une crème quand le tatoueur a posé un film ou laissé cicatriser à sec ?

Cela dépend de la méthode choisie, car trois protocoles coexistent et un seul d’entre eux prévoit un topique gras dès le départ. Les dermatologues les désignent sous les noms de film protecteur, cicatrisation sèche et pansement hydrocellulaire, en insistant sur le fait que le plus important est de suivre les conseils du tatoueur.

MéthodePrincipePlace de la crème
Film protecteurUn film est posé sur le tatouage, le plus souvent jusqu’au soir même ou pour une nuit avant d’être retiréAprès le retrait : lavage, puis topique gras deux à trois fois par jour
Pansement transparentLe pansement reste en place plusieurs joursAucune crème pendant le port ; au retrait, la cicatrisation est faite, d’après le dermatologue
Cicatrisation sècheOn ne met absolument rien sur la peauAucune crème ; le tatouage peut croûter et démanger

Ce tableau explique pourquoi deux personnes tatouées le même jour peuvent recevoir des consignes opposées sans que l’une ait tort. Si les consignes du salon ne précisent rien sur la crème, la question se pose au tatoueur plutôt qu’au rayon d’une pharmacie.

Combien de temps mettre de la crème sur un tatouage ?

Pendant toute la cicatrisation, soit entre deux et trois semaines d’après le dermatologue Nicolas Kluger, avec un intérêt particulier lorsque la peau pèle, au bout d’une semaine environ. À ce moment, la crème aide à améliorer les symptômes de tiraillement et de desquamation.

Un exemple de calendrier : pour un tatouage réalisé le 1er du mois, la peau commence à peler vers le 8, et la cicatrisation s’achève entre le 15 et le 22. La Société française de dermatologie parle plus largement d’une petite plaie qui cicatrise « en quelques semaines », ce qui recouvre cette fourchette.

La durée varie d’une personne à l’autre : l’âge, la génétique, les maladies éventuelles et les médicaments pris influencent la cicatrisation de toute plaie cutanée. Le tatoueur doit d’ailleurs revoir son client à distance de la séance pour vérifier que le tatouage a bien cicatrisé ; c’est à cette occasion qu’on constate si les soins peuvent cesser.

Peut-on mettre de la Bepanthen sur un tatouage ?

La notice de Bepanthen 5 %, pommade, ne prévoit pas cet usage : ce médicament est indiqué dans le traitement de l’irritation de la peau, notamment en cas d’érythème fessier du nourrisson. Il appartient à la classe des protecteurs cutanés.

Trois points de la notice comptent pour un tatouage. La pommade ne doit jamais être utilisée sur une dermatose infectée ou suintante. Elle contient de la lanoline, de l’alcool stéarylique et de l’alcool cétylique, qui peuvent provoquer des réactions cutanées locales comme une dermatite de contact. Enfin, la notice demande de consulter un médecin si l’on ne ressent aucune amélioration après cinq jours.

La dose indiquée est d’une à plusieurs applications par jour, en massant légèrement. Sur un tatouage, la décision d’y recourir revient au tatoueur, qui connaît son protocole, ou à un pharmacien qui voit la peau.

Quels signes doivent faire consulter malgré les soins ?

Une lésion qui ne cicatrise pas sur le tatouage justifie de consulter un dermatologue, de même qu’un tatouage qui démange, gonfle ou se couvre de plaques. Les infections restent rares et, dans la grande majorité des cas, évoluent favorablement en quelques jours ; elles surviennent surtout quand les conditions d’hygiène n’étaient pas réunies ou que les soins prescrits n’ont pas été respectés.

Pendant la cicatrisation, les conseils standards sont simples : pas de piscine, pas d’eau de mer, pas de soleil sur le tatouage. Un tatouage fait à domicile expose en outre à des risques infectieux et à des résultats esthétiques médiocres. Le maquillage permanent, comme l’eye-liner permanent, relève de la même réglementation d’hygiène que le tatouage par effraction cutanée.

Questions fréquentes

Peut-on exposer un tatouage au soleil ?

Pas pendant la cicatrisation. Une fois le tatouage cicatrisé, le dermatologue Nicolas Kluger conseille d’appliquer une crème solaire ou de le couvrir d’un vêtement, à cause de ses effets sur le vieillissement du dessin.

Quand reprendre la piscine, la mer et le sport ?

Le même dermatologue déconseille l’eau de mer et de piscine, qui perturbe la cicatrisation, ainsi que le sport, à cause des frottements et de l’hygiène liée à la transpiration. Cette restriction vaut pour les premières semaines, jusqu’à la cicatrisation complète constatée avec le tatoueur.

Que faire si le tatouage croûte et démange ?

Ne jamais arracher les croûtes : on risque d’emporter la couleur, et le tatoueur devra alors retoucher le dessin. Les démangeaisons sont fréquentes avec la cicatrisation sèche ; si elles s’accompagnent d’un gonflement ou de plaques, voir un dermatologue.

Peut-on se faire tatouer avec du psoriasis, de l’acné ou un traitement par rétinoïdes ?

Pour le psoriasis, le lichen plan, le lupus cutané, la sarcoïdose ou le vitiligo, il est recommandé d’éviter le tatouage ou de ne le faire qu’en dehors des poussées. En cas d’acné, mieux vaut attendre que le traitement ait fait effet ; il n’y a pas de contre-indication aux traitements anti-acné, mais les rétinoïdes peuvent allonger la cicatrisation du tatouage.

Une allergie à l’encre peut-elle apparaître longtemps après ?

Oui : c’est probablement la complication la plus fréquente, et elle peut survenir de quelques semaines à plus de 40 ans après la séance. Le plus souvent une seule couleur est touchée, habituellement le rouge. Le traitement repose sur des corticoïdes locaux, parfois décevants car l’encre reste dans la peau ; un test préalable sur une zone cachée n’a aucun intérêt pour la prévoir.

Sources

Sources consultées le 30 octobre 2026, présentées sans liens cliquables.

  • Société française de dermatologie, Dermato-INFO, « Les tatouages », dermato-info.fr. https://dermato-info.fr/les-conseils-et-tutos-peau/les-conseils/les-tatouages
  • Société française de dermatologie, Dermato-INFO, « Tout savoir sur les tatouages » (vidéo avec le Dr Nicolas Kluger), dermato-info.fr. https://dermato-info.fr/videotheque/tout-savoir-sur-les-tatouages
  • Allo Docteurs, « Tout ce qu’il faut faire et ne pas faire avant et après un tatouage », allodocteurs.fr, 23 mars 2025. https://www.allodocteurs.fr/tout-ce-quil-faut-faire-et-ne-pas-faire-avant-et-apres-un-tatouage-39686.html
  • Base de données publique des médicaments (ANSM, ministère chargé de la santé), « BEPANTHEN 5%, pommade », notice, base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr. https://base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr/medicament/64835212/extrait

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