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Cosmétiques

Black Swan, un succès (in)contestable ?

Voilà quelques semaines que « Black Swan » est sur toutes les lèvres. Black Swan par-ci, Black Swan par-là… Après avoir vu le film, j’ai eu envie de vous en parler, en partie parce qu’il me semble qu’un angle abordé par le film n’est que peu mentionné dans les autres « critiques » que j’ai pu lire.

Reprenons d’abord le synopsis, pour les quelques-unes qui ne le connaissent pas

Nina (Natalie Portman) est danseuse dans la célèbre troupe du New York City Ballet. Depuis des années, elle travaille sans relâche, encouragée par une mère envahissante, et espère obtenir le premier rôle pour le fameux « Lac des Cygnes » : l’histoire d’une femme transformée en cygne blanc, pour redevenir femme, un homme doit lui déclarer son amour. La jeune femme rencontre un prince qui tombe amoureux d’elle, mais au moment ou il s’apprête à la demander en mariage, sa jumelle maléfique – le cygne noir – apparait et trompe le prince qui lui déclare son amour. La jeune femme – le cygne blanc – réalise qu’elle est condamnée à rester cygne et qu’elle a tout perdu, elle se suicide alors et dans cet acte ultime, gagne sa liberté.

Tandis que Nina semble prête à tous les sacrifices pour prouver à Thomas (Vincent Cassel), dirigeant de la troupe, qu’elle est à la hauteur de ce grand rôle, l’arrivée de Lily (Mila Kunis), sensuelle et talentueuse, lui fait craindre pour son avenir dans la troupe. Amour, frissons, rivalités, tout semble réuni pour faire de Black Swan un thriller haletant…

Black Swan, qui est vraiment le cygne noir ?

(Interprétation personnelle de Black Swan, dévoilant les moments-clés du film )

Si les chorégraphies, costumes et prestations des différents acteurs ont été encensés à souhait, il me semble que bien peu de place est accordé à l’interprétation de Black Swan, beaucoup se contentent de rappeler que c’est un thriller.

En effet, c’est un thriller : au fur et à mesure du film, Natalie Portman semble de plus en plus victime d’hallucinations : elle croise son double à de nombreuses reprises, se voit victime de blessures imaginaires, flippe totalement à la vue de son reflet en décalé… De plus en plus violente envers elle-même, sa mère, les hallucinations se multiplient et sa paranoïa se fixe sur Lily. Obsédée par son incapacité à danser à la perfection le cygne noir, Lily incarne l’échec de Nina, toute nouvelle danseuse, elle EST le cygne noir : sensuelle, spontanée, envoutante… Nina devient alors persuadée que Lily tente de lui voler la vedette, perdue dans ses hallucinations, elle nous perd aussi. L’apogée de la paranoïa de Nina s’exprime lorsqu’elle finit par tuer sa rivale, qu’elle range dans un placard. Elle se rend alors sur la scène, pour interpréter le cygne noir… elle devient le cygne noir, maléfique, parfaite, tous sont impressionnés, elle-même l’est. Lorsqu’elle retourne dans sa loge, Lily lui rend visite… et elle réalise que ce n’est pas Lily qu’elle a tué, c’est elle-même qu’elle a blessé en se plantant un morceau de verre dans le ventre. Comprenant alors combien son obsession l’a parturbée, elle décide tout de même de danser le final : le cygne blanc découvre qu’il a tout perdu, son amour, son humanité, il jette un dernier regard à ses proches et se suicide. Le film s’achève sur Nina se vidant de son sang devant Thomas, Lily et les autres danseuses.


Plus qu’un thriller, j’y ai vu un « Lac des Cygnes », dans le Lac des Cygnes. Le film débute sur Nina, en tant que danseuse obsédée par la perfection, pure, innocente, fragile, elle est le cygne blanc. Au fur et à mesure, poussée par le dirigeant, par sa mère, elle va de plus en plus loin pour parvenir à incarner le cygne noir. L’arrivée de Lily déclenche en elle la métamorphose : avec elle, elle apprend à s’émanciper de sa mère névrosée, elle devient femme, à la découverte de sa sexualité… puis bien vite, après avoir éveillé en elle le désir, elle incarne son échec : Lily est le cygne noir, qu’elle a tant de mal à interpréter. C’est la jalousie et l’obsession de la perfection qui vont pousser Nina à vouloir éliminer sa rivale, mais surtout, à la faire devenir le cygne noir. Peu à peu, les hallucinations (bien que grotesques pour certaines, celle ou ses jambes deviennent des pattes de canard est vraiment ridicule je trouve) suggèrent le cygne noir, prenant le dessus sur Nina, sur le cygne blanc. C’est lorsqu’elle (croit qu’elle) tue Lily qu’elle achève de devenir le cygne noir. Lorsqu’elle comprend après la représentation que c’est elle-même qu’elle a blessé et non Lily, que son obsession de la perfection l’a menée à la folie, elle redevient peu à peu le cygne blanc… Elle lance un regard au « prince », à Thomas et à sa mère, tous deux en partie responsables de son obsession, Nina a tout perdu, elle se sait gravement blessée, en laissant le cygne noir s’emparer d’elle, sa vie s’en est trouvée détruite, tel le cygne blanc, elle saute pour être enfin libre.

A mes yeux, Black Swan est un de ces films qu’on aime ou qu’on déteste. Ceux qui le qualifient de daube n’ont pas forcément tort et ceux qui l’encensent non plus. C’est en tout cas un vrai thriller qui m’a fait frisonner toutes les cinq minutes, une vraie merveille d’interprétation et un de ces films qui ne laissent pas indifférent…

Et vous, avez-vous aimé Black Swan ? Quelle est votre interprétation des hallucinations de Nina ?

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