Culture, Et aussi...

Sweet Vicious, une série d’utilité publique…

J’ai mis un peu de temps à me décider à regarder « Sweet Vicious », qui traite du lourd problème des viols dans les campus américains (1 étudiante sur 5 victime de viol ou de tentative !). Il faut dire qu’avec son générique aux couleurs criardes, je m’étais attendue à quelque chose de superficiel… et j’avais sous-estimé l’importance de cette série. A quel point elle met le doigt sur l’ampleur de la culture du Viol, ce travail qui est fait pour montrer toutes les réalités du viol, tous ses visages souvent masculins, mais parfois aussi féminins. Et comment elle le fait aussi, sans faire dans le « drama », avec du fun, de la légèreté, mais surtout du vrai. Tellement de vrai et de justesse qu’il n’y a besoin de rien de plus pour être touché(e) à tous les coups.

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Sweet Vicious, de quoi ça parle ?

Victime de viol sur son campus, Jules jongle entre ses deux vies : étudiante membre d’une fraternité le jour, elle a en effet décidé de traquer les violeurs impunis sur son campus afin de les dissuader de recommencer avec une bonne correction. Quand elle rencontre Ophélia,une étudiante plus glandeuse que bosseuse, les deux jeunes filles vont se lier d’amitié et organiser ensemble leur traque pour rendre justice aux nombreuses victimes de viols sur leur campus dont les coupables resteront impunis.

Car sur les campus américains, il existe un réel problème de viols, qui concerne une étudiante sur 5, bien souvent tus… C’est sur cette réalité que Sweet Vicious met le doigt. Mais aussi sur tout ce qui peut concerner le sujet du viol, du consentement sexuel et des séquelles d’un viol.

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Mais en fait, Sweet Vicious, ça prône la violence ?

C’est la première question qui pourrait se poser dès le premier épisode : en foutant des raclées aux étudiants violeurs non condamnés, est-ce que Jules – et la série – n’encourage pas à se « faire justice » ? Pour ma part, je trouve que la série fait dans la mesure et ne tombe pas dans ce piège. En effet, après deux ou trois épisodes, on se rend vite compte que :

  • Le but de Jules – puis Ophélia – n’est pas de tabasser à mort, mais bien de dissuader des violeurs qui se pensent « à l’abri » de recommencer. Il s’agit davantage de détruire le sentiment de sécurité des violeurs (qui est bien réel dans les campus US… et même ici, en France, pour certains…) en leur montrant que quelqu’un sait et agit pour défendre les victimes, que simplement de leur « faire payer ».
  • Les filles ne sont pas invincibles : ce n’est pas parce qu’elles savent se battre, qu’elles ne sont pas blessées, mises en difficulté, et qu’elles ne se mettent pas en danger. En somme, « faire justice » peut se payer au prix fort, ce n’est pas « à banaliser ».
  • Très vite, des personnes vont commencer à avoir des soupçons… ce qui peut confronter les filles à la « vraie » justice, qui ne sera pas forcément de leur côté car elles frappent tout de même des gens, et elles en ont conscience.

Oui, il y a de la violence, mais je ne trouve pas qu’elle soit gratuite, ou excusée, ou mal utilisée et surtout Sweet Vicious ne se résume pas ça, ce n’est qu’un « prétexte ». Et à ceux qui vous diront que « oui, mais c’est quand même dangereux comme série, non », j’ai envie de dire que dans ce cas-là, des séries comme « Arrow » (un justicier qui TUE des gens quand même à la base), c’est aussi dangereux et que « mon-dieu, il faudrait aussi interdire les jeux vidéo !!! ».

Pas la meilleure série… mais le meilleur message aux victimes

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A mes yeux, Sweet Vicious est loin d’être une série parfaite. Une des intrigues principales développées notamment pour rapprocher Jules et Ophélia au début de la série me semble « bancale » et surtout inutile au fur et à mesure que les épisodes passent.

Pourtant, ce que j’ai aimé avec cette série, c’est clairement tout le travail qui est fait pour soutenir les victimes de viols dans leur combat. Le personnage de Jules est particulièrement révélateur des ravages que ça peut causer : elle casse la figure tous les soirs à des violeurs pour leur couper l’envie de recommencer, mais elle se révèle incapable dans un premier temps de confronter son violeur, qu’elle côtoie encore malgré elle ! J’aime la façon dont le personnage de Jules rappelle qu’une victime de viol peut aussi rire, essayer d’avancer, combattre. Mais que cela ne signifie pas qu’elle n’est pas détruite à l’intérieur, ou que la peur ne peut pas la paralyser. Qu’il ne suffit pas d’être une femme forte, qui a de la gueule, qui sait se défendre… pour ne jamais être une victime. Car oui, il est souvent facile de blâmer la victime pour se donner l’illusion que ça « ne nous arrivera pas, pas à nous ». Ça s’appelle le victim-blaming et cet article en parle très justement.

J’aime aussi beaucoup Ophélia et son amitié avec Jules. Son extravagance, mais aussi sa sensibilité, et sa façon d’avoir toujours l’attitude juste… sans être un modèle d’amitié. Clairement, Ophélia n’est pas un modèle dans son comportement avec les gens, ce n’est pas l’amie parfaite, ni l’étudiante parfaite, elle n’a rien de parfait ! Si ce n’est son attitude envers Jules en tant que victime de viol : elle ne la blâme jamais pour ce qu’elle a subi, elle l’encourage, l’accompagne, elle se montre toujours juste dans ses réactions. J’aime aussi le fait que la série montre que les coupables ne sont pas toujours des hommes : il y a des personnages masculins très positifs dans la série, et des personnages féminins très nuisibles.

De manière générale, la série soutient les mouvements qui se sont mis en place au fur et à mesure aux USA pour aider les victimes, dont la campagne de prévention lancée par Obama « It’s on Us » pour aider à endiguer les violences sexuelles dans les universités.

Vous l’aurez compris, je soutiens à fond Sweet Vicious pour ce qu’elle fait, et c’est pour ça que j’en ai parlé ici. Parce que justement, toutes les femmes – et même les hommes – peuvent être des victimes ou des amies de victimes… Et si regarder une série comme « Sweet Vicious » peut vous permettre d’avoir la bonne réaction si vous veniez à être l’une ou l’autre un jour, si elle peut vous aider à sortir de la honte et du silence, alors je pense qu’elle aura rempli son objectif.

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11 Comments

  • Reply Hélène - Beauty Addict Corner janvier 8, 2017 at 5:31

    Merci pour la découverte ! Je pense aussi que ce genre de séries peut faire éveiller les consciences. C’est une série que tu trouves sur Netflix ou pas ?

    • Reply Malicia janvier 8, 2017 at 6:12

      Je pense aussi que ça aide à se rendre compte qu’on y contribue malgré soi et qu’on peut tomber facilement dans le « victim blaming » sans s’en rendre compte ! Elle n’est pas sur netflix c’est une série MTV :/

  • Reply Dans Mon Tiroir janvier 8, 2017 at 7:51

    Merci pour le partage de la BD ! 🙂
    A une prochaine,

    Marine

    • Reply Malicia janvier 8, 2017 at 8:15

      Avec plaisir, elle m’a beaucoup appris !! 🙂

  • Reply Svenjan janvier 9, 2017 at 10:45

    Intéressant, je n’avais pas du tout entendu parler de cette série ! J’y jetterai un oeil !

  • Reply Mo. janvier 9, 2017 at 10:58

    J’ai beaucoup aimé lire ton article ! J’avais déjà vaguement entendu parler de cette série via Allocine, je crois. Je trouve que le sujet est bien d’acualité et la manière dont tu la décris me donne vraiment envie de pousser ma curiosité plus loin et de regarder, ne serait-ce que le pilote ! 🙂

  • Reply Sarah Conte Philly janvier 9, 2017 at 4:45

    J’en avais entendu parler ici et j’avais vu les bandes annonces, il est tant de regarder le pilote 😉

  • Reply Adele Eastmacott janvier 10, 2017 at 5:43

    Je n’en avais jamais entendu parler avant, mais je m’empresse de noter le titre pour la visionner un de ces jours !

  • Reply A.M. Thepeller janvier 10, 2017 at 5:33

    Hey,
    Je ne connaissais pas du tout cette série, et je dois dire qu’elle m’intéresse beaucoup.
    J’ai entendu parler de ces viols impunis sévissant sur les campus américain, où les fils à papa qui violent des étudiantes ne sont pas punis, justement parce qu’ils sont friqués. Ça me répugne à un point !
    Oui, la vengeance a un prix et n’est pas parfaite, ce qui rend les personnages humains.
    Je vais la regarder de suite ! (entre deux révisions pour le bac :p)

    http://shortrelationships.blogspot.fr/

  • Reply Elise janvier 15, 2017 at 10:47

    Je n’en avais pas du tout entendu parler, je vais regarder ça de plus près 🙂

  • Reply Cindy came-true.blogspot.fr janvier 26, 2017 at 6:58

    Je trouve génial qu’ils aient développe une série pour traiter ce sujet. Comme tu dis cest d’utilité publique. Par contre je ne suis pas assez solide pour la regarder, j’évite déjà les scènes de book dans les films donc bon… même quand ce n’est pas montré et juste à l’état d’idée, ça me fout dans un grand malaise.

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